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Laélia, traumatisme à 5 ans - partie 2

Cet article fait partie d’un ensemble d’articles en rapport avec mon roman Aynor T1- Trahisons (sortie prévue cet automne).

Pour lire la première partie de l’histoire, rendez-vous ici.

Laélia se recula si rapidement qu’elle se retrouva les fesses dans la poussière. À un doigt de son orteil, les poussières de lumière se rassemblèrent jusqu’à former une petite fleur. Bouche ouverte, la fillette jeta un oeil à droite et à gauche. Personne ne semblait faire attention à elle. Nul n’avait rien remarqué. Kiara poursuivait ses remarques acerbes. Tout le quartier serait bientôt au courant des derniers secrets. 

Laélia se mit à genoux. La curiosité l’emportait sur la peur. La fleur possédait cinq pétales délicats et un coeur en plusieurs parties. La fillette la reconnut. C’était une orchidée. L’enfant souleva sa manche droite et observa en catimini le signe inscrit depuis toujours sur son épaule, celui qu’elle n’avait jamais le droit de montrer. Le jeu des particules en avait reproduit l’exacte réplique. Elle laissa retomber le tissu et approcha son visage de l’apparition. À sa grande surprise, un parfum sucré se dégageait de l’orchidée. L’odeur pénétra les narines de Laélia et l’étourdit au point de lui faire fermer les paupières un instant. Lorsqu’elle les rouvrit, la fleur s’était éloignée de quelques pas. Laélia se releva et épousseta sa robe blanche d’une main.

– Kiara ? tenta-t-elle sans quitter des yeux le fragment de lumière.

Pas de réponse. La fleur se déplaça une nouvelle fois, un peu plus loin. Un flot de passants la sépara du regard de Laélia. Le coeur battant, la petite fille attendit qu’ils soient passés. Elle fit alors deux pas en avant. Puis s’arrêta.

« Tu n’as pas le droit… » souffla sa voix intérieure.

« Tu vas rater la représentation… »

« Oui, mais Kiara t’a oubliée. Tu arriveras trop tard de toute façon ». 

L’orchidée disparut au coin d’une ruelle. Alors, Laélia se précipita à sa suite. Elle tourna derrière une maison et déboucha dans une allée plus large remplie de monde. La fleur paraissait l’attendre. Elle avait quitté le sol pour naviguer presque à hauteur des yeux de la petite fille. Un souvenir remonta à la surface de la mémoire de Laélia. Un jour, un papillon aux ailes blanches était entré dans sa chambre. Elle n’avait pas résisté au désir de l’attraper. Les ailes froissées, il n’avait pas survécu. L’attraction était la même. Elle n’avait jamais rien vu de semblable. La fleur était-elle douce ou impalpable ? Se disloquerait-elle entre ses doigts ? Alors qu’elle hésitait à le toucher, l’amas de particules dorées s’échappa une nouvelle fois. Une dernière pensée relia Laélia à Kiara. Elle la repoussa, éclata d’un rire joyeux et se lança à la suite de l’orchidée. 

Les rues défilaient au rythme de la course de la petite fille. L’enfant glissait son corps mince entre les passants. Trop obnubilée par l’apparition, elle en oubliait les étales des marchands, les bambins qui gambadaient et la défense expresse de sa mère de s’éloigner de Kiara. Les bras tendus en avant, le sourire aux lèvres, les yeux pétillants, elle ne voulait qu’une chose : rattraper l’orchidée et l’enfermer dans sa paume. C’était d’une importance extrême. Et puis ce fut le moment. La fleur s’était arrêtée, elle se laissa approcher. Les doigts fins de l’enfant s’enroulèrent autour d’elle.

À l’instant, il y eut un éclair de lumière blanche qui éblouit la petite fille et la força à rouvrir la main.

Elle eut un hoquet de peur. Autour d’elle, tout avait changé.

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